Sommaire
- Autorisation de travail pour un roumain en détachement
- Documents obligatoires à remettre au travailleur détaché
- Le formulaire A1, pilier de la sécurité sociale du salarié détaché
- Déclaration SIPSI pour le travailleur détaché roumain
- Durée du détachement et avantages du recours à l’intérim roumain
- Foire aux questions
Maîtriser les formalités détachement main d’œuvre roumaine est une étape décisive pour tout dirigeant souhaitant recruter du personnel roumain en toute légalité. Ce guide vous aide à sécuriser chaque étape : contrat, document à préparer, obligations déclaratives et règles à respecter pour un détachement conforme à la législation française et européenne.
Autorisation de travail pour un roumain en détachement
Avant d’engager un détachement de travailleurs roumains, vous devez partir d’un cadre clair. En pratique, l’autorisation de travail pour un roumain n’est pas exigée dans les conditions applicables à un ressortissant hors Union européenne. Les citoyens de l’UE bénéficient de la libre circulation et peuvent exercer une activité en France, sous réserve du respect des formalités propres au détachement de salariés roumains. Pour sécuriser votre conformité, vous pouvez vous appuyer sur les formalités détachement précisées par l’instruction du Directeur général du travail.

Pourquoi un roumain peut travailler en France sans visa
Depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne en 2007, un citoyen roumain peut venir en France pour le travail sans visa ni permis au sens classique. En revanche, cette liberté ne dispense pas l’employeur de ses obligations lorsqu’il recourt au détachement.
Les directives européennes 96/71/CE et 2018/957/UE encadrent ce fonctionnement et imposent un socle de règles à respecter par l’entreprise d’envoi. Autrement dit, même sans autorisation spécifique, le détaché doit intervenir dans un cadre strict, documenté et vérifiable.
En Roumanie, la loi n° 16/2017, modifiée par la loi n° 172/2020, fixe les conditions applicables depuis le 16 août 2020. Elle précise les démarches préalables au départ, les responsabilités de l’employeur et le maintien du lien contractuel avec le salarié. Cette base juridique, croisée avec la réglementation française, permet d’organiser un détachement de travailleurs roumains solide, sans zone d’ombre sur le contrat ni sur les justificatifs à produire.
Cadre légal du détachement salarié intra-groupe
Le détachement salarié intra-groupe répond à une logique précise : une société envoie temporairement un collaborateur dans une filiale ou une entité liée, tout en conservant le contrat de travail avec l’entreprise d’origine.
Sur le plan de la sécurité sociale, les règlements européens 883/2004 et 987/2009 encadrent le maintien de l’affiliation dans l’État d’origine pendant la durée de la mission. À condition, bien sûr, que chaque document requis soit correctement préparé et que la mission respecte l’ensemble des règles applicables dans le pays d’accueil.
Secteurs et modalités de recrutement via intérim
Le recours à des salariés roumains en France concerne plusieurs secteurs en tension. Selon vos besoins, vous pouvez organiser un recrutement direct dans le cadre du détachement de salariés roumains ou passer par une solution d’intérim spécialisée. Pour comparer les modalités et sécuriser vos démarches, consultez notre page dédiée au détachement travailleurs roumains proposées par Sun Interim.
- BTP et construction : des besoins réguliers en ouvriers qualifiés, chefs d’équipe et techniciens, avec des missions souvent encadrées par des exigences fortes de conformité.
- Agriculture et agroalimentaire : un recours fréquent au détachement pour absorber les pics d’activité, notamment sur des périodes saisonnières.
- Industrie et logistique : des profils opérationnels recherchés pour des missions de courte ou moyenne durée, en recrutement direct ou via intérim.
En 2022, plus de 90 000 travailleurs roumains détachés ont exercé en France, ce qui confirme le poids de ce vivier dans les métiers en tension. Pour l’employeur, deux priorités s’imposent simultanément : répondre rapidement à un besoin de travail et garantir le respect durable de ses obligations en matière de législation, de sécurité sociale et de justificatifs.
Documents obligatoires à remettre au travailleur détaché
Pour sécuriser un détachement de personnel roumain, la qualité du dossier fait souvent la différence. Chaque document a une fonction claire : protéger le salarié, justifier la conformité de l’ employeur et répondre sans délai en cas de contrôle.
Liste des documents obligatoires à remettre à l’embauche
En matière de détachement, le document obligatoire à remettre à un salarié à l’embauche ne se limite pas au seul contrat. Il comprend l’ensemble des pièces qui précisent les conditions de mission, la durée, le salaire applicable et les droits du travailleur détaché.
- Contrat de travail original : le contrat initial, complété par un avenant ou une lettre de détachement, doit préciser le lieu de mission en France, la durée, les conditions d’exécution et la rémunération du salarié roumain détaché.
- Attestation SIPSI : ce document, issu de la déclaration sur le portail SIPSI, prouve que la formalité préalable a bien été réalisée. Il doit pouvoir être présenté sur le lieu de travail.
- Formulaire A1 : le formulaire A1 atteste le maintien du salarié à la sécurité sociale du pays d’origine pendant la mission et permet d’éviter une double affiliation.
- Pièce d’identité : la copie du passeport ou de la carte d’identité du membre du personnel roumain doit rester disponible en cas de contrôle de l’ inspection du travail.
L’ employeur doit tenir ces pièces à disposition en français, avec traduction si nécessaire. Ce dossier doit rester accessible pendant toute la période où le salarié est détaché, puis être conservé durant les 3 années suivantes.
Mentions légales exigées dans le contrat de détachement
Pour un citoyen roumain, le recours au détachement ne suppose pas de formulaire de demande d’autorisation de travail. En revanche, le contrat ou l’acte de mission doit être complet, clair et rédigé de façon à démontrer le respect des conditions légales françaises. Il doit notamment mentionner l’identité de l’ employeur, les informations du salarié, l’adresse exacte du lieu d’exécution, la durée de la mission, ainsi que les coordonnées du représentant en France.
Depuis le décret de 2023, certains éléments, comme le détail des horaires et des frais de mission, ne sont plus exigés dans la déclaration SIPSI. Selon les cas, le formulaire remis au salarié, le formulaire A1 et tout autre document justificatif doivent être cohérents entre eux pour sécuriser le détachement de personnel roumain.
Le formulaire A1, pilier de la sécurité sociale du salarié détaché
Dans un dossier de détachement, certains éléments attirent toute l’attention, d’autres sont traités trop rapidement. Le formulaire A1 fait pourtant partie des pièces les plus sensibles. En son absence, ou en cas d’erreur, une mission pourtant bien préparée peut être requalifiée et exposer l’ employeur à des sanctions lourdes, notamment au titre du travail dissimulé.
Comment obtenir le formulaire A1 avant le détachement
Le formulaire A1 s’obtient auprès de la caisse d’assurance maladie du pays d’origine, ici la CNAS pour un salarié roumain, avant le début de la mission. Il confirme que le salarié reste affilié à la sécurité sociale roumaine pendant toute la durée du détachement.
En pratique, mieux vaut anticiper. Un délai de 4 à 6 semaines avant le départ est généralement recommandé, afin de limiter tout risque de blocage administratif. Pour vous accompagner pas à pas dans la procédure, vous pouvez consulter notre guide sur les formalités de détachement d’un salarié.
- Demande auprès de la CNAS roumaine : l’ employeur ou le salarié transmet le dossier avec les justificatifs liés à la mission du salarié détaché.
- Délai de traitement : plusieurs semaines peuvent être nécessaires, sans anticipation, le départ peut être retardé.
- Intégration dans le dossier SIPSI : ce formulaire fait partie des pièces à prévoir pour la déclaration sur SIPSI.
- Présence sur le lieu de travail : le document doit pouvoir être présenté en cas de contrôle sur le site d’intervention.
Tant que le formulaire A1 est valable, les charges sociales restent dues en Roumanie. À titre indicatif, elles s’élèvent à environ 31,5 %, contre 51,7 % en France. Cet écart de charges explique en partie l’intérêt économique du détachement de travailleurs et du recours au personnel roumain, sous réserve de respecter strictement les exigences de conformité.
Le renouvellement du formulaire lors d’une prolongation
Si la mission dépasse sa durée initiale, il faut l’anticiper sans attendre. Pour un salarié européen, le renouvellement autorisation de travail en ligne correspond, en pratique, à une nouvelle demande de formulaire A1, accompagnée des justificatifs de prolongation. Cette mise à jour doit intervenir avant l’expiration du certificat en cours, afin de garantir la continuité de la couverture en sécurité sociale et la pleine conformité du dossier.
Une date erronée ou une information incomplète sur ce document peut suffire à fragiliser la situation du salarié détaché et à exposer l’entreprise à des sanctions pouvant atteindre 500 000 € d’amende.
Déclaration SIPSI pour le travailleur détaché roumain
La déclaration SIPSI constitue la formalité centrale de tout détachement de travailleurs en France. Pour un travailleur détaché roumain, elle doit être déposée avant le premier jour de mission : c’est le socle de la conformité administrative du détachement de personnel roumain et un point de vigilance majeur pour tout employeur.

Les étapes et les documents requis pour déposer la déclaration
La déclaration SIPSI se réalise en ligne, sur le portail du ministère du Travail. En pratique, il est préférable d’anticiper de 4 à 6 semaines, afin de réunir chaque document utile, notamment le formulaire A1. Sans cette déclaration préalable, le détachement est irrégulier dès le démarrage de la mission.
Une notification distincte doit aussi être transmise à l’ inspection du travail en Roumanie, en langue roumaine, au plus tard le jour ouvrable qui précède le départ. Cette double démarche, côté français via SIPSI et côté roumain via l’autorité compétente, sécurise le détachement et renforce la traçabilité du dossier.
- Contrat de travail original : il prouve le lien entre le salarié et l’ employeur, et confirme la réalité du détachement de personnel roumain.
- Pièce d’identité valide : passeport ou carte d’identité, à joindre au dossier et à pouvoir présenter sur le lieu de travail.
- Identifiants de l’entreprise : numéro CUI, et si nécessaire numéro de TVA intracommunautaire, pour établir l’existence légale de l’ employeur.
- Coordonnées du représentant en France : nom, adresse et téléphone de la personne chargée de répondre aux autorités et de conserver chaque document.
Une fois la demande validée, une attestation est générée. Ce document doit être accessible sur le lieu de travail pendant toute la durée de la mission, puis conservé durant 3 ans. Si un élément change, par exemple le lieu, l’effectif ou la durée, la mise à jour de la déclaration doit être faite sans délai.
Les sanctions encourues en cas de non-déclaration SIPSI
En l’absence de déclaration SIPSI, l’entreprise s’expose à une amende de 4 000 € par salarié, portée à 8 000 € en cas de récidive, dans la limite de 500 000 €. L’ inspection du travail peut également suspendre l’activité pendant deux mois si les sommes dues ne sont pas réglées.
Le donneur d’ordre français n’est pas à l’abri. Il doit vérifier que le prestataire a bien accompli la formalité avant le début des prestations. À défaut, les salariés roumains concernés peuvent être réintégrés dans le régime social français, avec un coût de régularisation souvent très élevé, bien supérieur aux économies espérées au départ.
Le rôle du représentant en France et la conservation des documents
Tout employeur qui envoie un salarié détaché en France doit désigner un représentant sur le territoire français. Son rôle est concret : conserver les pièces exigées, répondre aux demandes des autorités et fluidifier les échanges en cas de contrôle.
En son absence, une amende administrative de 4 000 € par salarié peut être appliquée, indépendamment des sanctions liées à la déclaration. Le représentant doit pouvoir présenter rapidement les éléments demandés, notamment le contrat, les bulletins de salaire et les justificatifs de paiement, en français, dans un délai de 20 jours ouvrables.
Ces pièces doivent être conservées pendant toute la durée du détachement, puis durant 3 ans après la fin de la mission.
Durée du détachement et avantages du recours à l’intérim roumain
Si vous anticipez mal les échéances, un dispositif intéressant sur le plan du coût peut rapidement devenir plus lourd à piloter, avec davantage de charges, de formalités et d’ obligations.
Durée maximale du détachement et règles de prolongation
Depuis la réforme de 2020, la durée maximale du détachement est fixée à 12 mois. Une prolongation de 6 mois reste possible, à condition d’adresser une notification motivée avant la fin de la première période. En pratique, la mission d’un salarié détaché peut donc atteindre 18 mois. Au-delà, l’application du droit du travail français devient beaucoup plus large, ce qui renforce nettement les obligations de l’ employeur.
- 0 à 12 mois : application du noyau dur du droit français, notamment la rémunération minimale, les conditions de travail, la santé et la sécurité, ainsi que les congés; les charges sociales restent dues en Roumanie.
- 12 à 18 mois : prolongation possible sous conditions, après notification préalable; la quasi-totalité des règles françaises s’applique, avec un niveau d’exigence plus élevé pour l’ employeur.
- Règle anti-cumul : lorsqu’un salarié roumain détaché remplace un autre sur le même poste, les périodes se cumulent; vous ne pouvez pas relancer le compteur en changeant simplement de travailleur.
Une interruption de 2 mois est nécessaire avant un nouveau détachement sur le même poste. Cette exigence vise à garantir le respect de la législation européenne et s’applique aussi au détachement des travailleurs en intérim.
| Phase de détachement | Durée | Droit applicable | Charges sociales |
| Détachement standard | 0 à 12 mois | Noyau dur français (SMIC, sécurité, congés) | Cotisations dues en Roumanie (~31,5 %) |
| Prolongation | 12 à 18 mois | Quasi-totalité du droit français | Cotisations dues en Roumanie, sous conditions |
| Au-delà de 18 mois | Plus de 18 mois | Intégralité du droit du travail français | Cotisations potentiellement dues en France |
Avantages économiques d’une agence intérim roumaine spécialisée
Le différentiel de charges sociales reste significatif, avec environ 31,5 % en Roumanie contre 51,7 % en France. Pour vous, cela peut représenter une économie de 20 à 30 % sur le coût global, à compétences équivalentes.
À titre d’exemple, pour un salarié roumain détaché rémunéré 2 000 € brut, l’économie annuelle peut dépasser 3 600 € par poste. S’y ajoute un gain de temps concret, car une structure spécialisée prend en charge les démarches liées au détachement, veille au respect des règles et sécurise les conditions d’intervention.
Foire aux questions
Comment recruter légalement un Roumain en France via le détachement ?
Pour recruter légalement un Roumain en France dans le cadre d’un détachement, l’entreprise d’origine doit respecter plusieurs étapes clés, avant le début du travail. Elle réalise d’abord une déclaration sur SIPSI, désigne un représentant en France, puis obtient le formulaire A1 auprès des autorités roumaines de sécurité sociale. Le contrat, ainsi que le formulaire ou l’avenant de détachement, doivent ensuite être remis au salarié.
Le salarié roumain détaché reste affilié à la protection sociale roumaine, mais il bénéficie en France des conditions de travail applicables localement : rémunération minimale, santé, sécurité et respect des règles en vigueur. Pour vous, l’objectif est clair : garantir la conformité du dossier, maîtriser le coût de la mission et écarter tout risque lors d’un détachement de salariés roumains.
Quelles sanctions risque-t-on en cas de non-respect des formalités de détachement ?
Le non-respect des formalités liées au détachement ou au travailleur détaché peut entraîner des sanctions lourdes. L’amende peut atteindre 4 000 € par salarié non déclaré, puis 8 000 € en cas de récidive, dans la limite de 500 000 €.
L’ inspection du travail peut également suspendre l’activité pendant deux mois. Dans certains cas, l’absence de justificatifs, notamment sur SIPSI ou sur le formulaire A1, peut conduire à une régularisation avec des charges et un coût supplémentaire significatifs. Le donneur d’ordre français engage aussi sa responsabilité s’il n’a pas vérifié la conformité du prestataire et des conditions d’intervention.
Quelle est la durée maximale d’un détachement roumain en France ?
Depuis la réforme de 2020, la durée maximale d’un détachement de salariés roumains en France est fixée à 12 mois. Elle peut être prolongée de 6 mois, sur notification motivée, soit 18 mois au total.
Au-delà, le régime change : l’ensemble des dispositions du droit du travail français s’applique au travailleur détaché roumain, avec les charges correspondantes. Une interruption de 2 mois est en principe nécessaire avant un nouveau détachement sur le même poste, et les remplacements successifs sont pris en compte pour éviter tout contournement des règles.

