Sommaire
Comprendre le système de santé roumain permet à tout employeur ou travailleur de mieux anticiper les enjeux de couverture médicale, d’affiliation sociale et de protection financière, qu’il s’agisse d’une mobilité professionnelle, d’un détachement ou d’une implantation durable.
Organisation et financement du système de santé roumain
Le système de santé roumain s’organise à deux niveaux, national et départemental. Cette structure repose sur des institutions publiques qui pilotent le système de santé public, encadrent les prestataires et veillent, avec des résultats inégaux selon les territoires, à la qualité des services de santé proposés aux patients.

Le rôle central de la CNAS dans la santé roumaine
La CNAS Roumanie, c’est-à-dire la Caisse nationale d’assurance maladie, occupe une place centrale dans le système de santé roumain. Elle administre l’assurance maladie obligatoire, répartit les ressources entre les prestataires et encadre le remboursement d’une partie des services médicaux, des médicaments et des dispositifs médicaux. De son côté, le ministère de la Santé supervise la politique sanitaire et contrôle le respect des normes de qualité dans les établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés.
Un financement limité, avec des effets concrets sur l’accès aux soins
Le système de sécurité sociale roumain et son équivalent français partagent une logique de financement proche, fondée sur des cotisations obligatoires. En revanche, les moyens engagés diffèrent fortement. Le système de santé roumain consacre 1 663 EUR par habitant et par an à la santé, soit 6,5 % du PIB, contre 4 029 EUR et 11 % du PIB en moyenne européenne.
- Dépenses hospitalières : 44 % du budget total sont orientés vers les soins hospitaliers, contre 28 % en moyenne européenne.
- Médicaments : 27 % des dépenses concernent les produits pharmaceutiques, avec un reste à charge parfois élevé pour les patients.
- Prévention sanitaire : 4 % seulement des dépenses de santé y sont consacrées, ce qui limite l’action en amont.
- Investissements : plus de 2 milliards EUR de fonds européens doivent soutenir la modernisation des établissements de santé et des infrastructures jusqu’en 2026.
Ces écarts ont des conséquences directes. Dans plusieurs zones rurales, l’accès aux soins reste difficile, les services de santé sont moins disponibles et les problèmes de continuité du soin persistent. Pour de nombreux patients, le coût réel de certains services médicaux pèse encore lourdement sur le budget du foyer. Les paiements directs santé illustrent cette fragilité structurelle du système de santé public.
| Indicateur | Roumanie | Moyenne européenne |
| Dépenses de santé par habitant | 1 663 EUR/an | 4 029 EUR/an |
| Part du PIB consacrée à la santé | 6,5 % | 11 % |
| Part des dépenses hospitalières | 44 % | 28 % |
| Part dédiée à la prévention | 4 % | Non précisé |
Comparaison avec le système social de sécurité roumain et français
La comparaison entre la CNAS Roumanie, le système de santé roumain et l’organisation française montre une base contributive commune, mais aussi des écarts nets en matière de couverture, de financement et de capacité des établissements de santé à absorber les besoins. En France, l’offre de services médicaux, notamment ambulatoires et spécialisés, reste globalement plus développée. Pour les salariés en mobilité, le certificat A1 Roumanie permet de maintenir l’affiliation au régime roumain de sécurité sociale pendant la mission en France, d’éviter une double cotisation et de sécuriser le lien entre assurance maladie, droits sociaux et régime social applicable.
Accès aux soins et assurance santé en Roumanie
En Roumanie, l’accès aux soins repose sur une organisation claire, qui guide les patients du médecin de famille vers les soins médicaux spécialisés puis, si nécessaire, vers les structures hospitalières.

De la consultation médecin aux soins hospitaliers
La consultation médecin en Roumanie s’inscrit dans un parcours coordonné. L’inscription auprès d’un médecin de famille est obligatoire dans le système public, avec un libre choix du praticien, et constitue le point d’entrée habituel vers les soins, les spécialistes et les soins hospitaliers.
- Soins primaires : assurés par les médecins de famille en cabinet libéral, ils couvrent le premier niveau de recours, l’évaluation initiale et l’orientation vers un médecin spécialiste lorsque cela s’impose.
- Soins spécialisés ambulatoires : le plus souvent accessibles sur prescription du généraliste, sauf en cas d’urgence ou de pathologie chronique reconnue.
- Soins hospitaliers : pris en charge dans un réseau de 546 hôpitaux publics et privés, représentant 146 336 lits, avec une organisation selon les territoires desservis.
- Urgences : joignables via le 112, avec un triage par code couleur, rouge, jaune, vert, afin de prioriser les situations selon leur gravité.
Les soins de longue durée, y compris le soin à domicile, les centres d’accueil intégrés et les soins palliatifs, sont inclus dans le panier de base pour les personnes couvertes par l’assurance maladie. Les non-assurés conservent un accès aux soins limité aux urgences, à l’accouchement et à certaines actions de prévention.
La carte européenne d’assurance maladie roumanie et ses usages
La carte européenne d’assurance maladie roumanie permet aux assurés d’obtenir les soins médicaux nécessaires lors d’un séjour temporaire dans l’Union européenne ou dans l’EEE, dans les mêmes conditions que les affiliés du pays d’accueil. Pour les entreprises qui emploient des collaborateurs mobiles, c’est une garantie concrète de continuité des soins et de maîtrise du risque pour vos équipes en déplacement.
Pour les travailleurs roumains détachés, cette carte délivrée par la CNAS facilite l’accès aux soins urgents et nécessaires à l’étranger, souvent sans avance de frais selon les règles locales. Elle complète utilement l’assurance santé et sécurise les déplacements professionnels, en particulier lorsque les missions s’enchaînent dans plusieurs pays.
Public ou privé : quelle assurance santé choisir en Roumanie ?
Le système d’assurance maladie roumain combine un système public de base et des solutions complémentaires. Dans le secteur public, les hôpitaux publics assurent l’essentiel des prises en charge pour les assurés, avec un coût des soins généralement modéré. En revanche, certains médicaments, actes dentaires ou prestations spécifiques peuvent laisser un reste à charge non négligeable.
En parallèle, le secteur privé gagne du terrain. Les établissements privés, cliniques et hôpitaux, séduisent par des délais plus courts, un meilleur confort, des équipes médicales qualifiées et, souvent, un environnement plus fluide pour les patients internationaux. Pour beaucoup d’employeurs, cette offre constitue un complément pertinent afin d’optimiser la qualité de service et de renforcer l’attractivité sociale.
Les contrats d’assurance santé privée viennent compléter l’assurance maladie obligatoire. Ils peuvent couvrir, selon la formule choisie : consultations, hospitalisation, soins dentaires ou prise en charge dans les établissements privés. Les assurances internationales, de leur côté, conviennent davantage aux profils très mobiles, car elles offrent une couverture géographique plus large et des plafonds souvent plus élevés.
Défis, inégalités et santé des travailleurs roumains en France
Malgré plusieurs réformes récentes, le système de santé roumain reste confronté à des fragilités profondes. Pénuries de personnel, inégalités d’accès aux soins selon les territoires, protection financière encore insuffisante pour une partie de la population : ces difficultés pèsent directement sur la santé des travailleurs roumains et de leurs familles, en Roumanie comme lors d’une mobilité vers la France.

Les pénuries de personnel et les inégalités d’accès à la santé
Les enjeux liés à l’aide sociale pour les Roumains en France s’expliquent souvent par les limites du système de santé roumain. En 2023, la Roumanie comptait 3,82 médecins pour 1 000 habitants, un niveau inférieur à la moyenne européenne. Le manque est estimé à environ 9 000 médecins, ainsi qu’à plus de 50 000 infirmiers et aides-soignants, ce qui fragilise durablement la qualité des soins et l’organisation des services de santé.
- Déserts médicaux ruraux : dans de nombreuses zones rurales, le manque de professionnels, de structures et de services de santé réduit fortement l’accès aux soins, au détriment des patients les plus éloignés des centres urbains.
- Population non assurée : 12 % de la population roumaine ne bénéficie pas d’une assurance santé complète et n’accède qu’aux soins d’urgence ou à un nombre limité de prestations.
- Dépenses lourdes pour les ménages : en 2015, un ménage sur huit a consacré plus de 40 % de ses ressources aux soins, une situation qui touche surtout les foyers modestes et les personnes âgées.
L’aide sociale et la couverture santé pour les Roumains en France
Pour les employeurs comme pour les salariés, bien comprendre le système de santé roumain permet de sécuriser les démarches et les droits. Lorsqu’un salarié roumain travaille en France avec un contrat local, il relève du régime français de sécurité sociale. À l’inverse, un travailleur détaché reste affilié au système public roumain grâce au certificat A1 délivré par la CNAS, ce qui évite une double cotisation et clarifie l’accès aux soins pendant la mission.
- Travailleur détaché : il conserve son affiliation au système de santé roumain pendant la durée de la mission, dans la limite de 24 mois cumulés, sous réserve de disposer d’un certificat A1 valable dès son émission électronique.
- Salarié sous contrat local : rattaché à la sécurité sociale française dès sa prise de poste, il bénéficie des droits ouverts en France, notamment pour les hôpitaux, les consultations médicales et l’accès aux soins remboursés.
- Couverture complémentaire : qu’il s’agisse d’optique, de dentaire ou d’une prise en charge dans des établissements privés, une assurance santé complémentaire reste utile pour renforcer la couverture de base.
Des évolutions sont en cours pour améliorer la protection financière des patients dans le secteur de la santé : extension des exonérations et plafonnement des dépenses selon les ressources des ménages, et modernisation des infrastructures hospitalières grâce aux financements européens mobilisables jusqu’en 2026.
Foire aux questions
Les soins de santé sont-ils gratuits en Roumanie ?
Non. En Roumanie, les soins de santé ne sont pas totalement gratuits. Les personnes affiliées à la CNAS, dans le cadre de la sécurité sociale, ont accès à un panier de base qui couvre une partie des soins médicaux, des consultations spécialisées, des soins hospitaliers et de certains actes réalisés dans les hôpitaux du secteur public. En revanche, plusieurs dépenses restent à la charge du patient, notamment certains médicaments et les soins dentaires, parfois avec un reste à payer significatif.
Pour les personnes non assurées, la couverture est beaucoup plus limitée : elle se concentre sur les urgences, l’accouchement et quelques actions de prévention. Dans ce système, l’État encadre les tarifs du système de santé public, mais un recours aux établissements du secteur privé entraîne généralement des frais supplémentaires, souvent en échange d’une meilleure qualité perçue ou de délais plus courts.
Quelle est la couverture sociale garantie aux travailleurs roumains détachés en France ?
Un travailleur roumain détaché en France peut rester affilié à la sécurité sociale roumaine, à condition de disposer du certificat A1 délivré par la CNAS. Ce document, obtenu en ligne en cinq à sept jours ouvrables, confirme le maintien de la protection sociale pendant la mission, notamment pour l’assurance maladie et les accidents du travail.
Cette couverture s’applique pendant toute la durée du détachement, dans la limite de 24 mois cumulés. Sans certificat A1, l’employeur prend un risque important : sanctions pour travail dissimulé, double paiement potentiel des cotisations et insécurité administrative. Mieux vaut donc sécuriser la démarche avant tout départ, y compris lorsque le salarié intervient dans des établissements de santé ou des structures médicales.
Quel est l’état général du système de santé public roumain aujourd’hui ?
L’état général du système de santé public roumain est contrasté. Le pays s’appuie sur 546 hôpitaux, sur des compétences reconnues dans certaines spécialités, et sur des financements européens mobilisés jusqu’en 2026 pour moderniser une partie des infrastructures. Certains établissements offrent un niveau de qualité solide, en particulier dans des activités hospitalières ciblées.
Mais plusieurs fragilités demeurent : un financement insuffisant, avec 1 663 EUR de dépenses par habitant contre 4 029 EUR en moyenne européenne, une pénurie de personnel hospitalier, des écarts territoriaux marqués et des charges financières lourdes pour les ménages les plus vulnérables. Dans ce contexte, le secteur privé progresse rapidement. Les établissements privés répondent à une demande croissante de confort, de rapidité et de qualité, là où le système de santé public reste sous tension.

